Une réouverture réussie

Ce fut une joie de revoir les anciens et de connaître les petits nouveaux le lundi 15 septembre. Ils m’avaient confectionné une pancarte marquée (bon retour Mady avec pleins de baisers) et bien sûr pleins de dessins. L’équipe était au complet prête pour une nouvelle année. Les retrouvailles furent émouvantes.

Après mon départ pour la Suisse en mars, le Centre a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’à sa fermeture fin juin pour les vacances scolaires.

Ils ont fait venir les enfants pour 4 journées récréatives durant cette période (2 samedis en juillet et 2 samedis en août).

Pour la réouverture début septembre, ils ont fait un super travail, surtout que le nombre d’enfants a considérablement augmenté. L’an dernier nous en avions 34 et cette année nous avons atteint notre quotta de 50 enfants. Il faut préciser que parmi les nouvelles arrivées, il y en a 2 ou 3 qui sont de vrais  » petits adorables monstres « . Nos deux enseignants ont donc eu un sacré mérite vu le nombre d’enfants et la masse de travail supplémentaire. Quelle patience…

A mon arrivée mi-septembre, j’ai pu constater  que les journées étaient restées aussi bien structurées que l’an passé et que les choses mises en place fonctionnaient toujours plus ou moins bien. Un des inconvénients avec un plus grand nombre de petits le matin (entre 20 et 25 selon les jours), est qu’il faut arriver à leur apprendre (pour les nouveaux) et réapprendre (pour les anciens) à rester en ligne pour le lavage des mains sans se disputer, se bousculer, se pincer ou se mordre et de rentrer en silence dans le Centre.  Dans l’ensemble cela se passe plus ou moins sans problème mais ils restent des enfants, qui ne reçoivent pour la plupart  non pas une éducation à la maison mais plutôt des coup de ceinturons, donc plus difficile à gérer.

Par exemple, un des nouveaux (un des 2 jumeaux de 3ans) se disputait lors de la distribution des nounours un matin avec son frère, il ne voulait pas attendre son tour. Rose-Andrée (l’institutrice de la petite enfance) m’a appelé pour l’aider car elle ne pouvait pas gérer les deux. Je l’ai donc pris pour me rendre à l’extérieur afin de lui expliquer d’attendre un moment. C’est un enfant qui ne veut pas écouter et qui ne tient pas en place. Tout en essayant de le calmer, je me suis rendue compte que cela serait difficile. Il a décidé de retourner à l’intérieur , pour cela il m’a mordu jusqu’à l’os au bras. Nous avons appelé ses parents qui sont venus le chercher. Nous nous sommes entretenus avec les parents afin qu’ils ne le frappent pas, mais qu’ils trouvent un moyen tout en parlant avec lui qui ferait qu’il comprenne. Ils ont dû avoir une bonne discussion avec lui, car même s’il reste turbulent par moment il se comporte beaucoup mieux.

Ce qui m’a le plus choqué et fait de la peine en arrivant, a été de voir les enfants arrivés tout maigre après 2 mois d’été à la maison.  Ce qui me conforte dans l’idée que ce que nous avons mis en place avec ce Centre est une très bonne chose pour les enfants défavorisés. Nous sommes retournés avec plusieurs enfants voir le pédiatre. En lui expliquant cela, elle nous a donné une recette de lait enrichie qui agit conte la malnutrition. Cela se compose de lait, d’huile et de sucre  brun. Nous avons complété cela en achetant des médicaments contre les vers qui affaiblissent les enfants.

Nous vous remercions encore et encore de continuer à nous suivre et soutenir ce projet afin que ses enfants restent en pleine forme et puisse continuer a apprendre au mieux.

Mady

 

16 ANS PLUS TARD DE RETOUR AU PAYS

Le vendredi 18 avril 2014,  je m’envole pour passer une semaine à Port-au-Prince. Je vais retrouver les gens, les lieux que j’ai quittés il y a… 16 ans.

En sortant de l’avion, la chaleur me confirme que je ne me suis pas trompée de destination!!! La journée, il fait entre 35 et 40 degrés, la nuit est légèrement moins chaude.

Une bonne partie de la ville de Port au Prince, assaillie par le séisme de 2010, a été démolie. Quelques bâtiments pas encore reconstruits indiquent l’ampleur du tremblement de terre. C’est une ville qui se relève petit à petit. Des immeubles se bâtissent, des bâtiments se rénovent et des routes se contruisent, ce qui améliore la circulation. Une ville plus propre qu’avant, les tas d’ordures sont évacués par un service de voirie.

En me promenant, je remarque que les gens sont indifférents à ma couleur de peau, ils ne m’interpellent pas en me criant « blanc, blanc, blanc ». Je pense qu’il y a eu tellement de secouristes étrangers après le séisme que le peuple Haïtien s’est habitué à côtoyer des blancs, ils sont moins surpris de voir des étrangers autour d’eux.

Le social s’est beaucoup développé, il y a des centres de distribution de repas pour quelques gourdes (centimes). Les enfants traînent moins dans la rue, ils sont placés dans des foyers. Les Haïtiens que en ont les moyens peuvent faire une assurance maladie, ce qui est nouveau

J’ai fait la connaissance avec le comité Haïtien et le personnel. Des personnes de confiance, soucieuses de bien faire et dévouées pour le centre. L’accueil a été très chaleureux.

La maison qui abrite le centre de jour est spacieuse avec un certain confort. Elle est constituée de grandes pièces qui sont nécessaires pour accueillir  environ 40 enfants de 3 à 13 ans chaque jour. Tout l’espace est bien utilisé. Les arbres et les plantes qui ornent la cour d’entrée la rende accueillante. Elle est sécurisée par un grand portail d’entrée et fermée par un mur qui entoure la maison.

Les enfants sont venus me souhaiter la bienvenue le lundi de Pâques. L’école commençait le lendemain. Ils se sont tous présentés à moi. Je leur ai distribué les jeux, les livres que j’avais amenés. C’était la fête pour tout le monde… Mardi matin, j’ai participé à une journée d’école. Le programme est structuré, le cadre est bien défini et la discipline est respectée.

Je peux témoigner que l’argent envoyé a permis l’ouverture du centre et que le projet mis en place est à la hauteur de notre espérance. Un tout grand bravo à Lisiane,  Mady et à Aurélie pour la mise en place de cette structure, c’est un sacré beau boulot!!!

J’ai eu beaucoup d’émotion et de plaisir à revoir les personnes que j’ai côtoyées lors de mon 1er séjour. J’ai eu la surprise de revoir des endroits, des lieux transformés et bien aménagés. Mais la misère est toujours présente et ça, j’espère de tout coeur que lors de ma prochaine visite, je ne le reverrai plus!

Gene

Une fête de Noël réussie

Quelle belle fête nous avons eue!

Les enfants et les parents étaient tous au rendez vous pour passer une journée inoubliable… Ils sont arrivés presque tous pour l’heure prévue. En attendant que tout le monde soit présent, nous avons distribué des boissons et mis de la musique pour passer le temps. Mes parents étaient heureux d’être présents pour assister à leur bonheur….

Les cuisinières ont été à l’œuvre depuis 7 heure le matin afin que le repas soit une réussite… Et ce le fût.. Au menu: viande de cabri, riz, salade de pomme de terre et carotte rouge, gratin de pâtes et bananes pesées. Pour le dessert mes parents ont voulu offrir un gâteau afin que le repas se termine en beauté. Tout le monde s’est régalé…

Par la suite nous avons reçu le père noël, bien sûr. Afin qu’il soit parfait, une amie suisse nous a acheté un magnifique costume de père noël que mes parents ont pris dans leurs valises. Il a été à la hauteur des espérances des enfants. Tous les  enfants ont été à tour de rôle sur ses genoux et il leur a parlé des choses à améliorer cette année, ou les a félicité pour leur comportement. Après sa petite leçon de moral, il leur a donné leurs cadeaux de noël. Ils étaient aux anges, soit une barbie pour les petites filles, un bijou pour les plus grandes et une voiture pour les garçons.

Quatre de nos grands garçons nous avaient préparé un petit théâtre en créole (de vrais comiques qui ont du talent…) et quatre filles nous ont fait une belle danse.

Après nous avons distribué pour chaque famille des sachets de riz et du chocolat suisse.

De nombreuses personnes qui savaient que mes parents venaient pour les fêtes ont donné beaucoup de matériel scolaire, de souliers et des habits que ma maman a eu la joie de leur faire essayer. Nous remercions encore tout le monde pour ces 4 valises et le soutien continuel.

Nos enfants vous envoient leurs meilleurs vœux et des milliers de bisous.

Mady

Bientôt Noël

Et oui, les fêtes approchent à grands pas… que le temps passe vite dans ce beau pays d’Haïti.

Le Centre continu son bonhomme de chemin, gentiment mais sûrement, à la vitesse du pays et de ses aléas. Comme je vous ai déjà raconté, les problèmes se suivent souvent mais ne se ressemblent pas. Nous avons eu notre lot avec l’électricité. Maintenant que tout est arrangé, s’est dinepa ( distribution d’eau par tuyau) qui a décidé de voir si nos nerfs pouvaient tenir le choc. Et oui il faut prendre les choses en riant dans ce beau pays d’Haïti, c’est mieux et moins nocif pour la santé… Bref, pendant un mois ils ont coupé l’arrivée d’eau de plusieurs quartiers à cause de travaux. Donc il nous a fallu acheter à 2 reprises un camion d’eau pour que l’on puisse faire à  manger, tirer l’eau aux wc et bien sûr se doucher. Afin d’économiser au mieux l’eau, car le camion d’eau est 5 fois plus cher que l’abonnement, nous gérons au mieux le « pipi » des enfants, c’est à dire que l’on est obligé de ne pas tirer l’eau avant une quinzaine d’enfants et bien évidemment se doucher au bokit ( bidon ).

En ce qui concerne les fêtes de Noël,  nous faisons des ateliers bricolage avec les enfants afin de mettre leurs empreintes personnelles pour qu’ils se sentent heureux de participer. Nous avons demandé aux grands de fabriquer une carte de Noël pour leurs parents et avons aidé les petits pour qu’ils puissent aussi avoir la joie dans offrir une. Pour la déco, nous avons bien sur acheté le traditionnel sapin avec les guirlandes…. Mais les enfants ont aussi mis leur propres décos, nous leur avons montré comment faire de jolis sapins en papier avec boules en couleur et papier d’alu, ainsi que la confection d’étoiles en carton. Ils ont mis une application et  une joie à fabriquer de leurs propres mains ses sapins, ils en sont très fiers et nous aussi. Nous aurons la joie de les mettre au mur lundi. Nous allons organiser un repas de fête avec les enfants et leur parents avec une distribution de nourriture sèche pour les parents et évidemment des cadeaux pour les enfants. Mes parents viennent nous trouver pour cette fin d’année 2013 et vont pouvoir participer aux activités du Centre et par la même occasion voir le bonheur des enfants pour ce Noël.

Une bien triste nouvelle, notre stagiaire, Aurélie Biolley, est retournée à son train train quotidien suisse…. Nous lui souhaitons tout le meilleur pour la suite de sa vie, et la remercions encore pour son travail exceptionnel ainsi que sa dévotion, et tout l’amour qu’elle a donné à ses enfants.

A bientôt pour de nouvelles histoires depuis le bout du monde, votre amie, sœur, fille, qui vous remercie encore pour votre soutien à ces merveilleux bouts de choux.

Mady

 

Structuration d'une journée

 L’objectif de CAJEDD est d’accueillir des enfants défavorisés dans une structure de jour spécifique afin de les encadrer, les nourrir et les stimuler de manière quotidienne. La réflexion principale qui nous a conduit à définir la structuration de la journée fût la suivante: comment offrir une continuité dans les apprentissages aux enfants n’ayant accès à l’école que de manière discontinue.

Nous acueillons des enfants de 3 ans à 13 ans, à l’exception d’une enfant d’une année et demi d’une employée. Les activités ont été pensées par tranche d’âge, mais encore par niveau de compétences. En effet, des enfants de 12 ans peuvent se retrouver avec un niveau très faible dans les apprentissages basiques.

Le Centre d’accueil de jour nous permet d’avoir plus de souplesse quand à la manière éducative proposée. D’une part, nous souhaitons travailler la discipline et les prérequis comportementaux afin d’aider ces enfants à entrer dans un système scolaire. Exemples: rester assis, écouter une consigne, suivre une consigne, respecter les règles, garder le silence, bref tout comportement qui influence la concentration de l’enfant face à une activité. D’autre part, nous souhaitons donner de la place aux apprentissages de base également travaillés dans les écoles. Le nombre d’enfants ainsi que la présence de 2 à 3 accompagnants (une éducatrice de la petite enfance, engagée) nous permet de travailler par petits groupes et donc d’être attentif à chaque niveau des enfants. Nous partons de ce qu’ils savent, et ce, dans les différents domaines travaillés.

Journée type: en règle générale, nous faisons deux groupes; un avec les enfants de 3 à 6ans, l’autre avec les enfants de 6 à 13 ans. Suivant les activités et les besoins nous changeons les enfants de groupe ou divisons ces groupes en sous-groupe. Suivant le besoin d’un enfant, il se peut qu’un accompagnant travaille en individuel avec celui-ci.

8h-10h:

  • Accueil ; se traduit par une gym-danse en un seul groupe. Les enfants travaillent la mémoire (comptines, chants), les mouvements (motricité globale) et s’amusent beaucoup!
  • Lavage des mains *

  • Train ; le petit train est un moyen de les faire entrer et sortir du Centre en silence ou en chanson organisée afin de délimiter les moments de concentration et les moments de jeux

  • Prière/phrase de prononciations ; le deuxième point les fait entrer dans une prononciation de la langue française
  • Déjeuner
  • Lavage des mains et brossage des dents*
  • Leçon de morale ; les enfants sont sensibilisés aux règles du Centre, aux règles sociales de bienséance* Nous travaillons l’hygiène corporelle, par tous les gestes du quotidien qui permettent à l’enfant d’éviter certaines maladies ou infections.

 

10h-10h30:

 

Pour les grands :

  • 1 activité scolaire (écriture, lecture ou mathématique) de 30 minutes

Pour les petits :

  • 2 activités : prérequis (lignes ou voyelles) et coloriage/bricolage de 15 minutes chacun

Pour les plus grands, les enfants ont un cahier à leur nom dans lequel ils travaillent à leur niveau les différentes matières de base (écriture, lecture, mathématique). Pour les plus petits, nous travaillons les prérequis en groupe.

10h30-10h50 (max11h) : récréation, jeux libres ou jeux organisés sur la cour : jeux collectifs, jeux pédagogiques (à l’intérieur)

10h50 (11h)-12h :

Pour les grands :

2 activités scolaires de 30 minutes

  • Écriture ou lecture
  • Mathématique
  • travaux manuels

 

Pour les petits :

2 activités de 15 minutes

  • Thème de la semaine : ex. Animaux, aliments
  • Couleurs

1 moment repos et/ou contes

  • Lavage des mains*
  • 12h-12h45 : dîner et lavage des mains
  • 12h45-13h30 : histoire français-créole + questions et résumé
  • 13h30 : renvoi des enfants

* Nous travaillons l’hygiène corporelle, par tous les gestes du quotidien qui permettent à l’enfant d’éviter certaines maladies ou infections.

Pour le deuxième objectif du Centre qui est d’offrir un encadrement aux enfants qui vont à l’école, nous collaborons avec des adolescents qui viennent soutenir les enfants dans leurs devoirs.

  • 14h : accueil des enfants, dîner, devoirs

Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas...

Voilà déjà 2 semaines que le Centre est ouvert. C’est toujours un plaisir d’accueillir les enfants chaque matin. La matinée commence par la traditionnelle gymnastique-dance en chanson, les plus petits apprécient bien ce moment, ils sont les premiers à chanter et danser avec l’éducatrice de la petite  enfance .

 

Les enfants sont vraiment attachants, ils n’arrêtent pas de nous donner des bisous et de demander des câlins, ce qui est trop adorable. Beaucoup d’enfants m’épatent par leurs compétences que ce soit dans l’écriture, les mathématiques, la lecture,… J’ai pu créer avec du matériel de récupération un tableau à doubles entrées avec une colonne les couleurs et une autre colonne les formes, ce qui permet aux enfants d’apprendre les formes et les couleurs. La plupart des enfants avec qui j’ai joué ont assez vite compris comment remplir ce tableau, ce qui les as rendu très fier J Et moi aussi j’étais satisfaite du résultat…. J J’ai encore quelques idées pour créer d’autres jeux, ce que je vais faire durant ce prochain mois. Les plus grands sont très appliqués lors d’exercices demandés  comme par exemple la dictée. ( D’ailleurs, un matin, alors que je faisais la dictée des mots à la table des grands âgés entre 9 et 10 ans, ils ont décidé d’élire le meilleur élève de la table pour que je lui dessine dans son cahier un dessin et que je lui note 10/10, Bravo ! Bien évidemment,  c’était la compétition entre tous  😉 ). Avec les plus petits, il m’arrive aussi de drôle d’anecdotes, comme par exemple, la première fois que nous avons accompagné au toilette une petite fille et que nous lui avons montré comment tirer la chasse d’eau, elle n’en revenait pas de voir son pipi partir… Son expression sur son visage était tellement géniale à voir J  Tous ces moments passés avec les enfants sont hyper enrichissants.

 

 

Pouvoir vivre une expérience pareille auprès d’enfants défavorisés est une  sacrée chance ! Et je trouve que leurs sourires et leur joie de vivre valent tout l’or du monde…

 

Aurélie Biolley

 

 

 

 

 

CAJEDD un nouveau projet, un nouveau chalenge

Voici 3 mois que je suis arrivée en Haïti pour mettre en place notre nouveau projet. Un rêve qui me tenait à cœur depuis longtemps. Pouvoir enfin aider au mieux les enfants défavorisés sur le long terme,  et, même si l’aide d’urgence était un soutien précieux pour les parents, ce n’était que pour 3 mois, en général.

Ce nouveau défi que j’attendais avec impatience m’a quelque peu prise au dépourvu et déstabilisée par moment. Je ne m’attendais pas à devoir gérer la surveillance des travaux, téléphoné tous les jours que dieu fait à l’avocat pour les papiers, le réparateur pour l’invertaire, essayé de trouver le meilleur accès internet (chose que je pensais être la plus aisé…). Une fois ses petits tracas passé (au bout de 2 mois et demi) il reste à gérer les parents qui n’ont pas encore compris que le centre est là pour le bien-être de leurs enfants et qu’en plus, c’est gratuit. L’autre souci est qu’ils ont par exemple inscrit leur enfants dans le centre l’après-midi pour les devoirs en pensant qu’ils auraient l’argent pour les inscrire à l’école ou que l’association les soutiendrait financièrement. Donc parfois, le matin entre 2 rires avec les enfants ou pendant une activité, le gardien vient me chercher car un parent vient me voir pour parler. J’essaie toujours, avec le plus grand tact, de leur expliquer que l’argent versé par la Suisse et là pour créer le centre que nous ne pouvons malheureusement pas tout faire. La plus part comprenne, mais même pour moi ça reste toujours délicat.

Il y a aussi le coté management que je ne m’attendais pas devoir apprendre, coaché toute une équipe est loin d’être évident. Mais j’ai appris dernièrement que rien ne vient avec facilité. Que si l’on reste dans son cocon et qu’on ne se lance pas des défis, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue (enfin elle paraît plus morose).  Comment savoir si l’on est capable de faire une chose ou de réaliser un rêve si on ne prend pas ce risque.

Je ne regrette rien !!! Les enfants sont une telle source de bonheur et de joie, même quand ils sont désordres… Ils apprennent vite et sont curieux de tout. Les mots de la stagiaire, Aurélie, sur les derniers articles ont pu vous le démontrer…

J’aimerais par cet article, remercier encore une fois ma nièce, Lisiane (notre responsable pédagogique) qui, sans elle, je le sais, ce projet aurait mis plus de temps à apparaitre. Je remercie aussi notre 1ère stagiaire, qui, je peux vous le dire se débrouille non seulement comme une cheffe mais qui a des idées à revendre. Le comité haïtien, qui prend de plus en plus d’aisance avec les objectifs et les obligations dû au fonctionnement. Mes parents bien sûr, sans qui je ne serais pas là et le comité suisse qui fait au mieux pour trouver des fonds afin que CAJEDD puisse s’épanouir. Mais bien sûr je ne vous oublie pas, vous tous, qui continuer à me suivre dans cette folle aventure.

A bientôt sur le site

Mady Bovigny fondatrice de l’association

Topo des deux premières semaines

Nous accueillons davantage d’enfants : 19 en ce jour ! Nous remplissons les tables et nous adorons ça ! Nous profitons de l’aide de deux adolescents, Monsieur Junior et Monsieur Frandy, qui nous apportent une précieuse aide. Rose-André nous prépare le programme de la journée chaque jour. Les enfants s’appliquent à l’écriture, au calcul et à la lecture. Ils s’amusent en petit groupe à faire des puzzles, des constructions, à faire des courses de voitures et à jouer au ballon. Ils acceptent de faire le train en silence pour chaque lavage de main dehors, avec notre super bidon-robinet. Ils s’acquittent du brossage des dents après chaque déjeuner. Ils font la sieste après le dîner, des fois avant ! Ils apprennent à converser en français, à écouter puis résumer une histoire. Ils font de la peinture sur doigts, ce qu’ils adorent et réclament. Ils fabriquent des papillons en carton et bien d’autres créations. Ils sont très intéressés à connaître de nouveaux jeux : le 1-2-3 soleil, le jeu du voleur, les comptines, etc… . Bref, nous sommes plus organisées et l’accompagnement des enfants se voit alors bien plus adéquate. Nous sommes épatées de les voir manger dans le calme, respecter les règles, s’amuser en groupe comme en individuel, chanter des comptines nouvellement apprises, faire pipi assis (!!) et s’étonner à chaque tirage de chasse d’eau. Pour notre part, nous n’avons plus été en rupture d’eau, nous attendons toujours le courant, nous essayons de chasser nos abeilles et nous avons ENFIN accès à internet (dû au manque d’articles sur le site jusqu’à présent, milles excuses)!

Bonne lecture, merci de nous suivre, nous allons faire la sieste……

Lisiane Gobet, Responsable pédagogique

Ouverture de CAJEDD

MARDI 17 SEPTEMBRE 2013

Afin de préparer au mieux l’accueil des enfants, nous avons décidé de ne pas ouvrir le lundi matin. Cette démarche a permis à plusieurs intervenants de se rencontrer et d’organiser au mieux cette première journée : comment accueillir les enfants ? Quelles activités leur offrir en adéquation avec leur âge et leurs compétences pensées à partir de nos connaissances des enfants les années précédentes ? Quand leur laver les mains ? Comment leur distribuer l’eau ? Et bien d’autres questions qui nous ont été fort utiles pour organiser le mardi matin. Avec l’aide de Rose-André, notre éducatrice de la petite enfance, d’Aurélie, notre stagiaire, de Lisiane, notre responsable pédagogique et de Mady notre fondatrice, nous avons pu toutes ensemble réfléchir et programmer cette première semaine.

Premier jour : grand drame ! Notre chère Mady se voit hospitalisée du lundi soir au mercredi soir. Rien n’empêche son désir le plus intense d’ouvrir le lendemain, elle a donc la requête que nous ouvrions coûte que coûte. Ce que nous ferons.

L’accueil est un peu chaotique : tout le monde doit trouver sa place. Les enfants arrivent silencieux et timides (soyons honnêtes, cela ne durera pas); les familles avec des questions ou sans leurs enfants (?!); les voisins font les curieux ; et nous, nous identifions les enfants. Rapidement, Rose-André arrive à mettre en cercle les treize enfants et commence le rituel d’accueil : la gym-danse… qui fatiguent peu les enfants, mais beaucoup les adultes ! Entre milles interruptions, je bombarde de photos. Après le petit train pour entrer dans le Centre, les enfants ouvrent de grands yeux et découvrent les lieux ainsi que tous les jouets. « Madame, Madame, je veux jouer aux voitures, Madame, Madame je veux jouer à la poupée » ! Nous arrivons à les faire s’asseoir bien que difficilement et nous les assommons de…règles ! Bien appliqués, ils écoutent. S’ensuit des difficultés liées au commencement : la salle de bain est trop petite pour les pipis et le lavage des mains ; l’eau finit de couler par les robinets, c’est au puit que nous allons ; les enfants réclament de l‘eau à boire à tout instant ; les repas se passent entre assis-debout et j’embête mon voisin, surtout je renverse mon eau ! Les transitions sont difficiles ; les jeux en grands groupes sont bruyants ; le gaz est fini, les cuisinières crient au loup ! Mais pas d’inquiétude, tous ces détails seront évincés jour après jour avec toutes nos solutions et notre organisation améliorée. Le plus grandiose : les enfants prennent plaisir, rigolent, chantent, dansent, courent, mangent et nous font câlins su câlins. Bref, à nous de nous adapter, car les enfants, eux, sont tout simplement des enfants merveilleux.

Lisiane Gobet, responsable pédagogique

Mes premières impressions

Bientôt 1 mois que j’ai posé mes valises en Haïti, que le temps passe vite….  En arrivant à Port-au-Prince, j’ai reçu un accueil des plus chaleureux par le comité haïtien et par Mady,  quel bonheur d’être si bien reçue après un long voyage 😉 Et dès le lendemain, j’ai pu ressentir beaucoup de chaleur humaine de la population locale. Ce qui m’a de suite impressionné, c’est la surpopulation de Port-au-Prince, il y a du monde partout dans les rues….

Durant mes 2 premières semaines, nous avons surtout fait des achats de jeux et matériels pour le centre et d’autres journées plus calmes ou nous étions à la maison à lire et faire des mots croisés.

Mardi 17 septembre 2013, CAJEDD ( Centre d’Accueil De Jour Pour Enfants Défavorisés De Delmas) a ouvert ces portes. Quel plaisir et quelle grande joie d’accueillir tous ces enfants si souriants.  J’étais si contente de les accueillir et de pouvoir jouer, rigoler, chanter,… avec eux.  Petite anecdote bien sympathique lors d’une activité avec les enfants : alors que j’étais en train de leur lire l’histoire «  Le loup et l’agneau », je leur ai expliqué qu’en suisse, il y avait des parcs animaliers avec des loups, ils n’en revenaient pas de savoir qu’on pouvait voir des loups en Suisse alors que chez eux en Haïti ils n’en ont jamais vu 😉 Les enfants sont très attachants, ils démontrent beaucoup de capacité à écouter des consignes, faire des exercices de calculs, faire de l’écriture,… même si comme partout il faut de temps à autre rappeler au calme et à la concentration J J’apprécie énormément ces matinées avec les enfants mais l’après-midi je suis heureuse de pouvoir faire ma petite sieste (eh oui je l’avoue ça fatigue d’être avec les enfants 😉 ) Depuis l’ouverture du centre, j’observe un réel plaisir chez les enfants dans les activités proposées. Et pour moi, chaque journée passée avec les enfants est différente. Il y a de temps à autre un bobo qui survient, un câlin à faire, des chatouilles à donner, des punitions à donner,…  C’est donc une incroyable aventure autant humaine que personnelle que je suis en train de vivre !

Aurélie Biolley, 1ère stagiaire !